CONSEIL LOCAL DE SANTE MENTALE LENS-HENIN

De la santé des populations des 160 communes adhérentes à l’Association des communes minières, il faut avant tout retenir que l’extrême anomalie dont elle fait preuve résulte de son découplage avec l’amélioration globale de l’état de santé des français.

 

Cette rupture s’est engagée dès les toutes premières années de la décennie 1950, se développant sous la forme d’une crise sanitaire connaissant son paroxysme dans les années 70. Au total, on peut estimer au bas mot que les pertes en vie humaine, ce surcroît de décès supporté au cours des 65 dernières années équivaut à la somme des populations des communes actuelles de Béthune, Douai, Denain, Lens, Liévin et Valenciennes. 

Cet état de santé plus que difficile de la population du Bassin minier n’a été connu, si ce n’est reconnu, que depuis le début des années 90. L’explicitation des mécanismes de disjonction entre l’amélioration de l’état de santé français et leur lenteur au sein des populations du Bassin minier ne date, quant à elle, que de 2013.

Aussi, au-delà des éléments classiques du constat relativement bien connus (surmortalité exceptionnellement forte pour la quasi-totalité des causes de décès touchant indistinctement les hommes comme les femmes, et ce, aux âges actifs c’est-à-dire entre 25 et 60 ans), ce rapport s’est appliqué à collecter d’autres éléments venant compléter ce tableau, dont la noirceur parfois lasse l’opinion. Au-delà des sombres réalités décrites, il fallait apporter d’autres éléments avérés, complémentaires, susceptibles de minimiser les risques d’une acceptation sociale par l’exposé d’améliorations tangibles sans omettre, de plus, les points forts de ce territoire.

Ce bref rapport, éléments sanitaires dans les communes minières du Nord – Pas-de-Calais, réunit des données que l’ORS a pu collecter et, dans la plupart des cas, traiter et analyser. N’ont été retenus que des éléments certes disponibles, mais présentant aussi un fort degré de fiabilité dans la description de la situation locale.

Les indicateurs ne pouvaient, dans la majorité des cas, être présentés par commune en raison de risques trop élevés d’instabilité statistique. C’est pourquoi, il a été retenu de présenter les indicateurs par grands territoires, sur la base des découpages couramment employés: communautés d’agglomération en tant qu’EPCI et zones de proximité résultant de la mise en œuvre de la loi Hôpital Patient Santé et Territoire.